mercredi 20 février 2013

Emma Andievska - Djalapita








 
 
 
Емма Андієвська    Emma Andievska


Djalapita






L'ombre du poignard déjà me tue, dit Djalapita, et tu te précipites sur moi, le poignard à la main.

Djalapita se nourrit de nuages, et ses pattes sont des nuages et ses mains sont des nuages, c'est pourquoi chaque fois il porte un autre nom.

mardi 19 février 2013

Encore de bonnes nouvelles !

Si vous ne vous êtes toujours pas aperçu que j’avais mauvais caractère...
Un traducteur igri (du russe - игривый)

De bonnes nouvelles de la Littérature ukrainienne.

Comme j’avais fait la remarque à Mme Galyna Dranenko qu’il n’était pas tout à fait correct de ne pas indiquer la source – Mazepa99 – des traductions qu’elle mettait sur le blog « Littérature ukrainienne »... je fus puni. Pour avoir manqué de respect à Mme le Professeur :

– Mais m’dam, c’était une lettre privée...
– Au coin, petit impertinent !
 

Le blog est désormais privé des traductions en français de la poésie oukraïnienne*...
Tout le blog ? Non ! Car un village de vaillants Gaulois... je veux dire, la page consacré à Stoussss a gardé les traductions « fournies par la Librairie Oukraïnienne Ephémère ». (Avec un lien vers le site Mazepa99. Impratiquable le lien, mais bof.)
La bonne nouvelle est qu’à cette occasion Mme Dranenko a publié ses propres traductions de Vassyl Stous. Je vous recommande vivement d’aller les lire.

(Et c’est vraiment une bonne nouvelle – vous n’avez pas idée combien ce recueil de Stous toujours inédit me pèse.)
Галина Ґалина Драненко Василь Стус Стусс
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* C’est bête. Remettez les. Il suffira de prétendre que soi-même l’on a passé des heures et des jours à la bibliothèque pour trouver ces traductions. Un petit mensonge certes, mais puisque c’est pour la bonne cause...

Septante-cinq ans depuis la naissance de Vassyl Stous...


Il y a un peu plus d’un mois. Le 8 janvier. Ou bien le 6. En France rien, bien sûr.
En Oukraïne, à Kyïv, à l’Université Chevtchenko, le spectacle « Le cercle de Stous ». Monté une vingtaine de fois déjà, un peu partout dans le pays. Au départ, en 2009, le projet de Serhiy Proskournya et de Dmytro Stous était d’écrire un opéra rock... Ce fut finalement ce spectacle. Bon.
On y entend les sœurs Telnyouk.
Bien les sœurs Telnyouk. (Vous pouvez les écouter par exemple , ou .)

 
Quelqu’un lui avait dit un jour : « Il faut apprendre à faire des compromis, Vassyl. »
Il avait répondu : « Je ne veux pas apprendre cela. Je veux apprendre à mourir avec dignité. »
 
Un type antisocial, Stous. Un maître gnostique. Un Valentin, un Basilide.
 
 

Lorsque devait paraître le « Recueil Stous » dans la revue l’Intranquille j’ai reçu les corrections proposées par Maria Malantchouk aux traductions que nous avions faites avec Annie et qui devaient voir le jour à cette occasion.


 




J'attire votre attention sur une remarque faite à propos de la note sur Mykola Kostomarov : 


Vu que dans l’esprit du lecteur français, nationaliste équivaut à peu près à fasciste, faut-il laisser ce terme ?
 
Bonus :
Vassyl Stous lit l’un des poèmes du cycle « Kostomarov à Saratov » :

samedi 16 février 2013

Hapa N. Karpa " 売春 "

 
Quoi qu’en dise Oksana Zaboujka, ça a du bon de brûler ses archives. On trouve de ces petites choses. Comme ce « 売春 » (Vendre printemps). J’aime beaucoup la petite Karpa. Lorsqu’elle enlève ses lunettes, elle est si…


Гапа Н. Карпа ㉧  Hapa N. Karpa

 

Vendre printemps

  

Pour cent dollars par mois on pouvait s’acheter une prostituée. Et elle était à vous chaque soir les jours ouvrables. Mais sans rapports, bon.

« Pour ta vive intelligence, lecteur. »


J’analyse ce passage dans un prochain texte. En attendant je vous propose un petit jeu. Vous allez lire les quelques phrases qui suivent, puis vous allez essayer de trouver pourquoi les auteurs sont deux imbéciles arrogants.
 

vendredi 15 février 2013

L'atlantide du Yiddishland était en Oukraïne, oui

(et le sionisme trahi aussi)


Менделе Мойхер Сфорім, Дос Келбл, Київ, 1919. (Їдіш)
Графіка Йосипа Чайкова.


Урі Цві Ґрінберґ, Ін Цайтенс Ройш, Львів, 1919. (Їдіш)

...

Yiddishland, Khvylovy




Traduction en yiddish (D. Feldman) du premier recueil de nouvelles de Mykola Khvylovy, "Les études bleues", Moscou-Kharkiv, 1927.
Микола Хвильовий, Сині етюди, переклад мовою їдіш – Д. Фельдмана, Москва-Харків, 1927.

lundi 11 février 2013

V. Domontovytch - Sans titre

Trouvé dans les archives une petite chose de

V. Domontovytch  ㉧   В. Домонтович



 


Sans titre


Dans le laboratoire du professeur on croisait des Hindous, grands et sveltes, au teint foncé, des Japonais à lunettes, courtauds et râblés. Des Belges arrivant du Congo, des Anglais du Népal, des Allemands de Chine. Au laboratoire du professeur venaient des gens de tous les coins du monde.

La jeune fille préparait la soupe. Elle souriait gentiment à chaque nouvel arrivant, en disant dans son anglais encore incertain :

Nous avons mis la peste au régime !

C’était là une plaisanterie de circonstance sanctifié par la tradition et devenu proverbiale avec la célébrité planétaire du professeur. C’était une forme de salut, une formule préétablie, à l’image de celles que l’on écrit au dos des cartes postales de villes étrangères.

Ses cheveux légèrement roux émergeaient sur les tempes de dessous un foulard blanc, noué à l’arrière d’un nœud serré.

vendredi 8 février 2013

Extraits d’un courrier d’hier

Chère Olga !

...

Je ne puis accepter ta proposition de clore ce débat sans qu’il me soit donné la possibilité de te répondre. Que ma position te dérange, je le comprends parfaitement. Qu’il me faille fermer ma gueule à cause de cela – non.

Je te fais penser à un imbécile géorgien de tes amis. La comparaison n’est pas flatteuse, mais comparaison n’est pas raison et en l’occurrence elle révèle plus ton attitude que la mienne. Je ne suis pas responsable de la bêtise de ce Géorgien. Non parce qu’il est Géorgien, mais parce qu’il n’est pas moi. Je veux répondre de mes actes et de mes paroles. Non ceux des autres. Cela vaut pour les Oukraïniens, pour les traducteurs, pour les bipèdes et tous les autres ensembles auxquels j’ai la chance ou le malheur d’appartenir. Crois-moi, j’ai rencontré dans ma vie bien plus d’imbéciles et de salopards oukraïniens que toi. Etre Oukraïnien, voilà quelque chose à laquelle  je ne peux échapper, même si je le voulais. Oui, les connards oukraïniens sont pour moi une honte, de même que les mauvais traducteurs, mais je n’en suis pas responsable. L’amalgame que tu fais n’est pas acceptable.

Dans ton premier courriel tu t’étonnais de ma formule « russophilie pathologique » à propos de la France. Et demandais que je t’en donne des exemples. Visiblement mes exemples t’ont convaincu, puisque tu n’en contestes aucun et que tu changes l’angle de la discussion. Nous ne parlons plus des Français et de leur russophilie pathologique. La chose est donc entendue.

mercredi 6 février 2013

Khvylovy pour tous

Editions du Rocher, Monaco
Il aurait fallu le faire il y a des années.
Mettre le recueil de Khvylovy en ligne.
Mais je ne le fais que maintenant, février 2013. 

Comme on dit à Odessa : Enjoy !

mardi 5 février 2013

Correspondance avec un sycophante

 
Ce fut alors qu’il prit le pseudonyme de Dziga Vertov. Dziga, dérivé d’un mot ukrainien désignant la poupée, signifie roue qui tourne sans cesse, et s’apparente aussi au mot tzigane.
Georges Sadoul, Histoire générale du Cinéma,
T. 5, Vol.1, Paris, 1984, p.285

дзиґа [dzyga] toupie
Dictionnaire ukrainien-français,
Kyïv, 1963, p.176


La morgue impériale, hautaine et imbécile, se révèle parfois chez des gens dont on s’attendrait à de toutes autres... positions*. Cela est vrai en Russie – on connait le mot de Vynnytchenko disant que « La démocratie russe s’arrête là où commence la question oukraïnienne » – cela n’est pas moins vrai en France. (Cela est sans doute vrai aussi en Grande Bretagne, mais je connais mal le monde anglo-saxon.)

Cette fois j’illustrerai mon propos sur l’exemple d’une polémique datant d’il y a six ans. Le ton de mon intervention est un peu brusque, je m’en rends bien compte, mais je déteste que l’on s’attaque à des êtres qui me sont chers. Surtout lorsque cela est fait par l’ignoble moyen de la délation.
Le point de départ fut parfaitement insignifiant. Fin novembre 2006, la Cinémathèque de l’Université Censier-Paris III organisait une rétrospective du cinéma soviétique. Le 21, un mardi, devait être projeté le film « Arsenal » du cinéaste oukraïnien bien connu, Oleksandr Dovjenko. Le programme précisait que la séance commencera à 17h, que le film est de 1929, qu’il dure 1h40, que l’acteur principal en est S. Svachenko, et quant à l’origine… il s’agissait de la Russie. Comme c’était un professeur de cette université qui faisait part du programme par le truchement d’une lettre circulaire pour slavistes, c’est à lui qu’allèrent les messages de mécontentement oukraïniens. Celui-ci répondit, notamment à la lettre d’une extrême politesse de Iryna Dmytrychyn-Bonin. Cette amie m’a fait suivre la dite réponse, me demandant si je voulais bien y réagir.
Je l’ai, bien sûr, fait. Tout particulièrement à cause de cette indication que l’on trouve à la fin de la lettre du Prof. Kristian Feigelson : « copie à l’INALCO ».
Soljenitsyne ne disait-il pas que « Le pays doit connaître ses délateurs » ?
 
Le 24/11/06, Oles Masliouk <oles***@**********> a écrit :

Chers amis, 

C'est avec un grand intérêt que j'ai lu votre récente correspondance. Partie d'une erreur de toponymie si habituelle en France (les Français sont connus pour mal connaître la géographie), elle a permis au professeur Kristian Feigelson de développer des arguments qui méritent à mon sens quelques mots de commentaires. 

Il faut être très français pour dire d'un film traitant d'un épisode de l'Histoire ukrainienne, produit et réalisé en Ukraine par un cinéaste ukrainien - qu'il est russe. Monsieur Feigelson finit par reconnaître l'erreur ("je ne suis pas responsable de la rédaction du programme"), à contre cœur. 

Mais M. le Professeur est spécialiste de cinéma et n'est donc pas sensé savoir que les années vingt en Ukraine (soviétique) sont celle de l'"ukraïnisation", qu'Oleksandr Dovjenko, l'ex-soldat de l'UNR, fut membre du VAPLITE et l'un de ses rares survivants. Que cette époque est appelée la "Renaissance fusillée" parce que les neuf dixièmes des intellectuels ukrainiens (soviétiques) seront passé par les armes en 1934 pour "nationalisme ukrainien". Que pour survivre il fallut "pleinement servir les intérêts de l'Etat soviétique" et même devenir "l'apôtre de la collectivisation". Que depuis lors l'Ukraine (soviétique) sera peuplé d'hommes-qui-ont-peur.  

Ignorant tout cela M. le Professeur peut à loisir vous conseiller de ne pas "revendiquer" Dovjenko, et même émettre des jugements historiques (puisqu'il ne connaît ni la biographie de Dovjenko, ni l'Histoire ukrainienne) : "Que vous en faites après une lecture a postériori purement nationaliste et hagiographique me semble une contre-vérité historique dans la justification d'intérêts imbéciles comme tous les nationalismes." 

Il semblerait que M. le Professeur n'aime pas les nationalismes. Mais tout particulièrement le nationalisme ukrainien. Et puisque vouloir rectifier une erreur (grossière) est le signe certain de "nationalisme", je profite de l'occasion pour certifier du mien : 

"Dovjenko comme Paradjanov appartiennent à la "nationalité" des cinéastes qui comme on le sait, deviennent "apatride" dans la finalité plus universelle du cinéma !"

La logique est séduisante : si Dovjenko est universel, c'est qu'il n'est pas ukrainien. Et s'il n'est pas Ukrainien... c'est qu'il Russe ! Dostoievsky ne disait-il pas que "l'homme russe est l'homme universel (vsietcheloviek)" ?  

Mais... et Paradjanov ?
"Ne pas oublier que Paradjanov a été jugé et emprisonné en Ukraine à la suite de ses films tournés en partie dans les studios Dovjenko à Kiev" - croit bon rappeler M. le Professeur. Nous saisirons plus clairement sa pensée dans un autre passage de la correspondance : "Et sans oublier plus tard Paradjanov (puisque vous parlez de la Géorgie) qui a été emprisonné par les ukrainiens après avoir travaillé au studio de Kiev !" Ce sont donc les Ukrainiens qui ont emprisonné Paradjanov ! Nationalistes ukrainiens, on peut le supposer... 

Hélas ! M. le Professeur de cinéma s'est laissé prendre aux charmes du "montage". Dans la veine du grand truqueur Eisenstein. (Ou dans celle de Dziga Vertov.) Il a "monté" la vie de Sergei Paradjanov selon les besoins de son scénario "internationaliste". Or Sergei Iossipovitch, le merveilleux cinéaste, a déjà fait de sa vie - un chef d'œuvre. Et parlant de cet épisode tragique (quatre ans de taule) il faisait un bon mot : "Je suis un Arménien né à Tbilissi que l'on a interné dans une prison russe pour nationalisme ukrainien". 

Comme les juges de Paradjanov, M. Feigelson n'aime pas les nationalistes. M. le Professeur fait mieux, il menace : "Le rôle de l'Université en tout cas n'est pas de relayer des cautions nationalistes". Bien sûr que non ! La chose est entendue : le rôle de l'Université (française) est de répandre la propagande impérialiste ! (Voir au besoin le cas de Mme Lacroix-Riz). Et tant pis pour les faits, comme disait le camarade Staline. 

Oles Masliouk, traducteur (nationaliste) 

UNR - République Démocratique Ukraïnienne. Désignation officielle de l'Ukraine indépendante entre 1917-1918 et 1919-1920.

VAPLITE - Académie Libre de Littérature Prolétarienne. Organisation littéraire ukrainienne crée par Khvylovy en 1926 et dissoute par Staline en 1928.

TBILISSI - Capitale de la Georgie.

Copie - IRCAV, Université Paris III
 
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